Archives mensuelles : octobre 2013

S&A est en train de creuver la gueule ouverte

Ce n’est pas souvent que nous vous sortons un titre aussi pessimiste. Mais hélas la vérité est bien là, et elle fait mal. On a besoin de façon urgente de recruter sinon on va crever très vite.

Depuis un an, S&A a fait beaucoup de chemin. Et pas qu’en termes de résultats aux élections. On a contribué à mettre en place une vraie concertation entre élus, ce qui nous a permis de beaucoup nous professionnaliser dans notre travail au CA. Sud Étudiant nous a quittés, mais nous avons survécu au divorce. Nous avons développé notre comm, point sur lequel vous nous aviez critiqués lors de l’élection. Nous sommes la seule liste à tenir un jour un site Internet, à publier un journal, et à organiser des réunions publiques avant chaque C.A., puis à en publier le compte-rendu sur Internet, malgré les pressions exercée la direction pour que nous arrêtions de faire ça.

Au C.A., chose rare dans l’histoire de la représentation des étudiants à l’IEP, nous avons réussi à obtenir quelques gains de cause, comme celle sur la scission de la Commission Vie Étudiante, obtenue avec l’appui des autres listes, la réunion de la commission permanente qui permet de diminuer l’influence des personnalités extérieures, ou encore le changement du calendrier universitaire pour les 4A. D’autres projets tout à fait réalisables attendent votre participation.

Nous avons commencé à prendre contact avec les autres IEP et grâce aux camarades de l’IEP de Toulouse, de l’UNEF et de Déclic!, nous avons organisé une «Journée IEP Mort» qui a permis d’attirer l’attention des médias et a contribué de façon non négligeable à faire en sorte que la baisse de dotation globale de fonctionnement soit compensée par plusieurs mesures comme la revalorisation de la dotation en postes statutaires.

Enfin, si en dehors du CA nous ne sommes pas parvenus à agir à hauteur de nos ambitions sur l’autogestion, nous avons quand même, seuls, réalisé une enquête sociale et la seconde est bien en cours. Nous sommes les seuls à réaliser une telle enquête à l’IEP de Lille. Et les seuls à publier un guide social à jour. Même l’administration n’en fait pas autant.

Tout ceci demande du temps, du travail et de la continuité. Ce temps et ce travail ne sont pas extensibles.

Bon nombre de nos militants sont en 3A ou en 5A et sont soit à l’étranger soit sur le point de partir. Or, actuellement, le renouvellement n’est tout simplement pas assuré. Le sort de l’IEP, où nous passons pour nombre d’entre nous 5 années de nos vies déterminantes pour notre futur ne semble intéresser personne.

Ne croyez pas naïvement que quelqu’un fera la travail à votre place. Ce n’est pas vrai. Concrètement l’an dernier, S&A, c’était 10-12 personnes, donc la moitié sont actuellement en 5A, et deux autres en 3A. Sur place, nous ne sommes plus que 4/5. On n’a juste plus les moyens humains (ni financiers, tout ce que vous avez vu : nos affiches, nos tracts, nos journaux, les banderoles de la journée IEP Mort : tout ça, on l’a payé de notre poche !) de faire le travail qui est attendu légitimement de nos électeurs.

Nous avons, concrètement, et de façon urgente, besoin :

– de personnes pour la comm’ et de graphistes,

– de personnes pour suivre les dossiers (déménagement, réforme des Masters, réglement des études, vie associative, enquête sociale…) et rédiger des propositions que l’on peut ensuite aller défendre en CA,

– de personnes pour animer notre site Internet par des articles de réflexion sur l’IEP,

– de personnes motivées pour être sur la liste,

– de participations matérielles pour pouvoir tirer des tracts, affiches, etc…

– conducteurs de T34,

– etc… (amenez vos idées)

Prenez contact avec nous sur FB ou sur iepsolidaire@paliens.org si vous voulez participer à S&A et ne plus être un spectateur passif et isolé, ne faisant que subir les dysfonctionnements de l’IEP. La révolution, ou même le rétablissement de masters dignes de ce nom (entre autres problèmes graves à l’IEP), ne se fera pas sans vous !

À défaut, S&A cessera son activité en novembre.

Le C.A. de la honte

Un compte-rendu détaillé de ce CA reprenant point par point l’ordre du jour suivra d’ici quelques jours.

Grande nouvelle pour peuple vaillante union soviétique ! Le Conseil d’Administration de l’IEP de Lille, dans Ouest des diables capitaliste, enfin adopter vraie démocratie, comme dans glorieuse CCCP ! Grande victoire pour idéologie Marxisto-stalinniste !

Le Généralissime Moulovitch peut en effet se réjouir. Après bien des années de lutte souterraine, les procédures législatives en vigueur à la Chambre des Soviets ont enfin retrouvé une application concrête, au Conseil d’Administration (CA) de notre cher IEP. C’est cette conception toute particulière de la démocratie qu’a bien voulu nous résumer M. Mathiot en préambule du CA du 8 octobre dernier. « Non, mais c’est bon, vous allez voter contre, nous on va voter oui, et ça va passer. Allez, on passe au vote, qui s’abstient, qui est contre ? Adopté ». Le roi en son lit de justice peut retourner aller se coucher, on a trouvé encore mieux. Aux personnalités extérieures absentes répondent des professeurs méprisants. Les quelques élus étudiants qui osent contester leurs Excellences sont prestement priés de retourner jouer aux billes ; c’est pas à un vieux directeur des études qu’on apprend à faire des grimaces.

Rien dans ce CA ne concernait les étudiants, en effet. Par exemple, la diminution du nombre d’absences injustifiées tolérées par semestre, qui passent de 4 à 3. Avec une (certaine) tolérance de l’administration (à la tête du client). En gros, on passe de « quatre non appliquées » à « trois non appliquées ». Il s’agit de « passer à l’ère du contrôle », justifie M. Villalba. Pourquoi, quatre absences non appliquées ? Parce que l’IEP n’avait pas les moyens de faire autrement qu’à la louche pour la gestion des absences. Scoop : eh ben, l’IEP n’a toujours pas de moyens pour appliquer son propre règlement. Alors, qu’on se le dise : désormais, le règlement sera beaucoup plus sévèrement non appliqué par la direction. Heureusement que ce sont les étudiants qui sont les « imbéciles », on pourrait en douter. Nous on avait proposé de déjà faire appliquer réellement la règle des quatre absences, mais il fallait « envoyer un symbole de fermeté ». Tant que ça reste symbolique, hein…

Autre modification du règlement sans importance : décision est prise de transférer d’office en deuxième session, même en cas d’absences justifiées, si vous ratez (à la louche) un tiers des cours ! Sachant que même si ça ne concerne pour l’instant que les masters, rien ne dit que ça ne sera pas bientôt élargi aux années précédentes. Oui, oui, vous avez bien lu. Si vous avez le malheur d’avoir un (gros) problème de santé qui dure un peu trop longtemps, qu’importe si vous avez validé votre mémoire et votre premier ou deuxième semestre, ça risque fort d’être retape. A la discrétion de l’administration, bien sûr.

Pareil pour le statut de l’étudiant salarié. Un problème qui touche un certain nombre d’entre nous. Toi, peut-être. Tu fais des études, tu as besoin d’argent – ben oui, comme tes parents doivent payer 3200 euros en une fois, ils ne peuvent plus financer ta bouffe ou ton loyer – donc en plus de bosser tes exposés, tu bosse au Quick 15h par semaine. Evacué d’un mouvement de la main. « Le CA n’est pas la place pour discuter de ces sujets » (M. Mathiot). Le même qui, chez nos estimés confrères de l’Apostrophe, déplore qu’on « ne parle pas assez des grands sujets, qu’il n’y a pas la place au débat ». On est bien d’accord, à qui la faute ? La plus petite université de France dispose en son règlement intérieure d’une reconnaissance du statut d’étudiant salarié, c’est prévu par la loi (Loi 84-52 du 26 janvier 1984, dite Savary). Dont s’est prévalue la direction pour signifier que « puisque les textes existent, pas besoin de le mettre dans le règlement intérieur ! », justifie M. Mathiot. Sauf que les textes ne disent rien, sinon que «Il appartient au Conseil d’Administration de veiller à la mise en place d’un statut particulier pour les étudiants salariés » (Arrêté du 1er août 2011, dit Licence). Les Conseils d’Administrations. Comment ça s’appelle, déjà, cette grande salle où on était tous réunis ? Rappelez-moi…
On se doute bien que pour la direction, c’est pas à Science Po qu’on va avoir des pue-la-sueur qui doivent bosser pour faire bouillir la marmite. Ici, c’est pour les gens qui payent 3200 euros de l’année, faut pas déconner. Ho. Elite du pouvoir, tout ça, tavu ? Résultat : une commission ad hoc sera probablement crée, sous la pression de S&A et de l’UNEF. On sait depuis Charlot combien il est important de savoir ce que peuvent bien penser le comité Gustave, le comité Théodule, voire le comité étudiant salarié – iep de Lille.

L’argument massue de l’administration, c’est que nous refusons le débat. Notre argument massue à nous, c’est qu’on enchaîne les réunions pré-CA, post-CA, préparatoires et entubatoires, et qu’à la fin, la position des élus étudiants se retrouve marginalisée, ignorée, ou dédaigneusement repoussée.

C’est pas obligé que ça se termine toujours comme ça. Le CA n’a pas vocation à être une chambre d’enregistrement pour la direction des études. Les élus étudiants ont leur mot à dire, et ce mot, ça doit être le vôtre, à vous les étudiants. Il n’y pas de phénomène du passager clandestin qui tienne ; on est dans la merde, et « on », c’est vous pareil. Les masters bancals, vous allez les faire aussi. Si la convention ESJ est rompue ou maintenue telle qu’elle, c’est votre brillante carrière de journaliste à Paris Match ou Be qui va vous passer sous le nez. Si on ne peut pas s’opposer à une future hausse des frais, c’est vous qui allez payer.
Il y a une vérité fondamentale que l’administration a l’air d’oublier : c’est l’IEP qui doit être au service des étudiants, et certainement pas l’inverse. C’est notre avenir, le tien, le mien, le nôtre, qui est en jeu, pas celui du directeur des études ! C’est toute la culture de l’établissement qui est à revoir, et pas par le biais de l’infantilisation des étudiants.

Arrêtons de nous faire balader par des aveugles. Collectivement, on peut changer les choses. S&A l’a déjà fait sur certains points. Avec vous, dans nos rangs, on pourra continuer. Rejoignez-nous ! Rejoignez-nous vite, avant qu’il ne soit trop tard pour vos études.

Thaurice Morez.

Ordre du jour du C.A. du 8 octobre

I- Approbation du compte-rendu du CA du 24 mai

II- Question financières
1- Décision budgétaire modificative
2- Demande de prélèvement sur la DGF pour augmenter en 2014 l’enveloppe indemnitaire relative aux personnels BIATOSS
3- Programme de démocratisation : subvention de 18 000€ pour le budget 2013 de PEI Collèges, autorisation de verser à chaque collège participant aux travaux sur l’UE une subvention de 150€, conventions PEI entre l’IEP et les lycées/collèges pour 2013/2014, renouvellement de l’agrément des services civiques afin de remplacer les deux volontaires pour 2013/2014.
4- Convention avec l’UVHC pour une commande supplémentaire de cartes multiservices
5- Convention-cadre de mutualisation des achats dans le cadre de l’Université de Lille
6- Convention groupement de commande pour la fourniture de papier
7- Tarifs de formation continue

III- Études, scolarité, concours
1- Actualisation du règlement des études et de la maquette des enseignements pour 2013/2014
2- Règlement des concours 2014
3- Demande d’intégration de l’IEP « Grand Paris » dans le concours commun
4- Accord de coopération portant sur le cursus avec l’Université de Münster
5- Convention avec Lille 1 concernant les M2 MESES et AESS

IV- Fonctionnement général
1- Modification du règlement des études concernant la discipline au sein de l’IEP et remplacement de membres de la Commission de discipline
2- Élections aux CA et CS

V- Ressources humaines
1- Demandes de transformations de postes
2- Mise à disposition d’un personnel administratif de Lille 2
3- Autorisation de recruter un-e chargé-e de mission Formation Continue

VI- Recherche
1- Demande de subvention pour la publication des actes du colloque « L’Enseignement supérieur est-il accessible à tous ? » :  » La mobilité dans le système scolaire »
2- La recherche à Sciences Po Lille : objectifs, méthodes

Quel avenir pour la FIFB ?

La plupart d’entre vous le savent probablement déjà : Sciences Po Lille a un double diplôme avec l’Angleterre depuis un peu moins de 10 ans maintenant (1ère promo diplômés en 2006) : la filière intégrée franco-britannique, ou FIFB.
Il se trouve également que depuis quelques années, l’Angleterre a un gouvernement conservateur qui s’est empressé de faire exploser les frais de scolarité des universités dès son élection. Moralité : depuis maintenant deux ans, la FIFB est devenue encore plus chère et encore moins sélective (mais suffisamment sélective tout de même, dixit l’administration). Il en coûtait auparavant £3.290/an pour faire une année au Kent, aujourd’hui il faut débourser £9.000/an.

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