Pourquoi nous ne présenteront pas de liste commune avec Sud étudiant cette année

Peut-être l’avez vous remarqué, peut-être pas : une liste est montée sous le nom de « Initiative Syndicale et Autogestionnaire », menée par un ancien de S&A ayant rejoint Sud, et se réclamant de notre bilan, tout en cachant qu’il s’agit en fait d’une liste montée et gérée par Sud Étudiant. Il ne s’agit en aucun cas du nom de la liste Solidaires et Autogestionnaire : ces méthodes peu démocratiques, bureaucratiques et sectaires ne sont pas de nature à se battre efficacement à l’IEP. C’est pourquoi nous faisons cette année, suite à un vote interne, le choix de renoncer à notre alliance historique avec Sud Étudiant.

Sans trop vouloir faire de règlements de compte, nous pensons devoir une explication à nos électeurs par rapport à notre alliance avec l’Unef, qui en surpris beaucoup (et on comprend bien pourquoi).

Depuis trois ans, la liste Solidaires et Autogestionnaire fédère les étudiants de gauche de l’IEP attaché à un enseignement supérieur ouvert à tous, gratuit, et laïque, et combat, avec un certain succès, la « business-schoolisation » à la Science Po Paris de notre établissement. A ce titre, S&A unissait des étudiants de tous les horizons, et notamment des étudiants par ailleurs militants du syndicat national Sud Étudiant. Notre programme et les ambitions nationales du syndicat étaient en effet similaires en bien des points aux idées défendues par S&A. De ce fait, S&A a toujours mis un point d’honneur à soutenir Sud étudiant au national.

Cette liste, vous le savez, avait notamment été créée pour pallier les défaillances de l’UNEF, dont le caractère bureaucratique, autoritaire, soumis aux directives du Bureau National et parfois trop proches du pouvoir politique, pas assez réactifs en bref, était mal adapté aux réalités concrètes de la lutte au niveau de l’IEP.

Pourtant, en dépit de la concordance des idées entre les militants S&A, la coopération entre les militants Sud et les autres n’a pas été des plus faciles, et ce dès le début. La première tension a eu lieu en décembre 2011. À cette époque, Déclic ! avait proposé de rejeter le budget de l’IEP et d’engager un rapport de force avec l’État pour obtenir plus de moyens. Nous ne pouvions que nous joindre à cette initiative louable, quels que soient au demeurant nos désaccords avec Déclic ! Plusieurs militants Sud ne l’entendaient pas de cette oreille, et après des disputes, un vote, on a quand même soutenu l’initiative.

Les choses se compliquèrent à nouveau à la rentrée 2013. Sud nous accusa alors d’être idéologiquement méchants (oui, oui, « méchant », niveau argumentation ils ont aussi battu des records l’année dernière) parce qu’on débattait beaucoup en interne. On a même débattu en interne des frais progressifs, histoire de savoir si on était bien tous contre. Scandale ! Avant de se prononcer contre par dogmatisme, nous avons analysé la situation, puis seulement pris position contre les frais. Nous n’étions pas non plus d’accord sur le rôle des étudiants au C.A : nous ne pensons pas que les étudiants ne soient là que pour faire des obstructions dogmatiques, sans explications ni vision d’ensemble. Non. En dépit des difficultés réelles pour les étudiants de faire entendre leur voix au CA, nous, les militants S&A pensons que notre engagement pour les étudiants à l’IEP a un vrai sens : militer à l’IEP, foutre la merde au C.A. tout en restant constructifs, ça apporte des résultats. Le pire ? C’est que la suite nous a donné raison.

Pour faire court, les militants Sud ont alors décidé de claquer la porte, puis de faire malgré tout une liste commune, avant de nous requitter en décembre. Peu importe, on continue malgré tout l’année, on réforme la Commission Vie Etudiante avec les autres élus étudiants, on renégocie le partenariat avec l’ESJ, on modifie le calendrier universitaire, on tente d’organiser avec Sud un colloque sur l’avenir de l’enseignement supérieur et des IEP, on fait notre enquête sociale… et surtout, avec les camarades de la liste « IEP » de Toulouse et de l’Unef et de Déclic !, on organise la journée de protestation inter-IEP « IEP Mort » en avril, et on parvient à obtenir satisfaction ! ( http://www.humanite.fr/societe/les-etudiants-de-sciences-po-toulouse-refusent-la-520355 ) À Toulouse, ils sont même parvenus à geler les frais d’inscription ! Mais Sud refuse de participer, jugeant cette mobilisation trop « corpo ».
Cette année, Sud nous a proposé de faire une liste commune. Nous avions dans un premier temps refusé tant qu’ils n’acceptaient pas l’idée qu’on n’est pas là juste pour faire figuration et surtout, que la journée IEP Mort était pour nous un élément de bilan positif. Il s’agissait de nous entendre dès le début sur les questions de méthode militante : pour nous, il était impossible de risquer une nouvelle fois que Sud décide de quitter la liste après l’élection, avant d’y revenir sans rien en dire. Parallèlement, nous avons engagé des négociations avec l’Unef et le GSU pour une liste commune de la gauche. Avec le GSU, ça n’a pas marché : ils sont bien plus à droite que Déclic !, veulent augmenter les frais, sont contre un statut de l’étudiant salarié (c’est trop tard d’ailleurs, puisqu’on a déjà réussi à le faire accepter par le directeur). Par contre, l’Unef était d’accord avec l’ensemble de notre programme, y compris pour l’alliance avec Sud. Après avoir accepté en moins d’une heure le programme -et pour cause, c’est le même- et validé l’alliance, les représentants de Sud étudiant à la réunion préparatoire de la liste étaient prêt à nous rejoindre. Mais voilà : il a fallu téléphoner à la « direction » de Sud (puisque Sud a désormais une hiérarchie), et là, c’est le drame : pas d’alliances avec les sociaux-traitres et les vipères lubriques de S&A.  Mais Sud a refusé de se joindre à l’initiative. Comble de l’histoire, après une heure de négos fructueuses avec eux, c’est un coup de fil de la hiérarchie de Sud (qui n’est même pas de l’IEP) qui fait capoter tout ! Un comble pour un syndicat qui faisait fierté de l’indépendance de ses membres…

(Triste) morale de l’histoire : Sud étudiant est devenu plus bureaucratique que l’UNEF, et prend ses ordres

Nous vous devions cette explication. N’hésitez pas à poser des questions ou à débattre de la décision en bas de la page.

PS : d’ailleurs, cette mentalité antidémocratique est assumée. Pour citer un militant sudiste qui a posté ça sur notre page Facebook :
« tu as raison, Sud Étudiant Lille ne représente rien d’autre que ses membres ; et j’en suis fier ». Solidaires et Autogestionnaire, lui, représente et défend tous les étudiants.

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