Archives de Catégorie: Libre expression

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Le C.A. de la honte

Un compte-rendu détaillé de ce CA reprenant point par point l’ordre du jour suivra d’ici quelques jours.

Grande nouvelle pour peuple vaillante union soviétique ! Le Conseil d’Administration de l’IEP de Lille, dans Ouest des diables capitaliste, enfin adopter vraie démocratie, comme dans glorieuse CCCP ! Grande victoire pour idéologie Marxisto-stalinniste !

Le Généralissime Moulovitch peut en effet se réjouir. Après bien des années de lutte souterraine, les procédures législatives en vigueur à la Chambre des Soviets ont enfin retrouvé une application concrête, au Conseil d’Administration (CA) de notre cher IEP. C’est cette conception toute particulière de la démocratie qu’a bien voulu nous résumer M. Mathiot en préambule du CA du 8 octobre dernier. « Non, mais c’est bon, vous allez voter contre, nous on va voter oui, et ça va passer. Allez, on passe au vote, qui s’abstient, qui est contre ? Adopté ». Le roi en son lit de justice peut retourner aller se coucher, on a trouvé encore mieux. Aux personnalités extérieures absentes répondent des professeurs méprisants. Les quelques élus étudiants qui osent contester leurs Excellences sont prestement priés de retourner jouer aux billes ; c’est pas à un vieux directeur des études qu’on apprend à faire des grimaces.

Rien dans ce CA ne concernait les étudiants, en effet. Par exemple, la diminution du nombre d’absences injustifiées tolérées par semestre, qui passent de 4 à 3. Avec une (certaine) tolérance de l’administration (à la tête du client). En gros, on passe de « quatre non appliquées » à « trois non appliquées ». Il s’agit de « passer à l’ère du contrôle », justifie M. Villalba. Pourquoi, quatre absences non appliquées ? Parce que l’IEP n’avait pas les moyens de faire autrement qu’à la louche pour la gestion des absences. Scoop : eh ben, l’IEP n’a toujours pas de moyens pour appliquer son propre règlement. Alors, qu’on se le dise : désormais, le règlement sera beaucoup plus sévèrement non appliqué par la direction. Heureusement que ce sont les étudiants qui sont les « imbéciles », on pourrait en douter. Nous on avait proposé de déjà faire appliquer réellement la règle des quatre absences, mais il fallait « envoyer un symbole de fermeté ». Tant que ça reste symbolique, hein…

Autre modification du règlement sans importance : décision est prise de transférer d’office en deuxième session, même en cas d’absences justifiées, si vous ratez (à la louche) un tiers des cours ! Sachant que même si ça ne concerne pour l’instant que les masters, rien ne dit que ça ne sera pas bientôt élargi aux années précédentes. Oui, oui, vous avez bien lu. Si vous avez le malheur d’avoir un (gros) problème de santé qui dure un peu trop longtemps, qu’importe si vous avez validé votre mémoire et votre premier ou deuxième semestre, ça risque fort d’être retape. A la discrétion de l’administration, bien sûr.

Pareil pour le statut de l’étudiant salarié. Un problème qui touche un certain nombre d’entre nous. Toi, peut-être. Tu fais des études, tu as besoin d’argent – ben oui, comme tes parents doivent payer 3200 euros en une fois, ils ne peuvent plus financer ta bouffe ou ton loyer – donc en plus de bosser tes exposés, tu bosse au Quick 15h par semaine. Evacué d’un mouvement de la main. « Le CA n’est pas la place pour discuter de ces sujets » (M. Mathiot). Le même qui, chez nos estimés confrères de l’Apostrophe, déplore qu’on « ne parle pas assez des grands sujets, qu’il n’y a pas la place au débat ». On est bien d’accord, à qui la faute ? La plus petite université de France dispose en son règlement intérieure d’une reconnaissance du statut d’étudiant salarié, c’est prévu par la loi (Loi 84-52 du 26 janvier 1984, dite Savary). Dont s’est prévalue la direction pour signifier que « puisque les textes existent, pas besoin de le mettre dans le règlement intérieur ! », justifie M. Mathiot. Sauf que les textes ne disent rien, sinon que «Il appartient au Conseil d’Administration de veiller à la mise en place d’un statut particulier pour les étudiants salariés » (Arrêté du 1er août 2011, dit Licence). Les Conseils d’Administrations. Comment ça s’appelle, déjà, cette grande salle où on était tous réunis ? Rappelez-moi…
On se doute bien que pour la direction, c’est pas à Science Po qu’on va avoir des pue-la-sueur qui doivent bosser pour faire bouillir la marmite. Ici, c’est pour les gens qui payent 3200 euros de l’année, faut pas déconner. Ho. Elite du pouvoir, tout ça, tavu ? Résultat : une commission ad hoc sera probablement crée, sous la pression de S&A et de l’UNEF. On sait depuis Charlot combien il est important de savoir ce que peuvent bien penser le comité Gustave, le comité Théodule, voire le comité étudiant salarié – iep de Lille.

L’argument massue de l’administration, c’est que nous refusons le débat. Notre argument massue à nous, c’est qu’on enchaîne les réunions pré-CA, post-CA, préparatoires et entubatoires, et qu’à la fin, la position des élus étudiants se retrouve marginalisée, ignorée, ou dédaigneusement repoussée.

C’est pas obligé que ça se termine toujours comme ça. Le CA n’a pas vocation à être une chambre d’enregistrement pour la direction des études. Les élus étudiants ont leur mot à dire, et ce mot, ça doit être le vôtre, à vous les étudiants. Il n’y pas de phénomène du passager clandestin qui tienne ; on est dans la merde, et « on », c’est vous pareil. Les masters bancals, vous allez les faire aussi. Si la convention ESJ est rompue ou maintenue telle qu’elle, c’est votre brillante carrière de journaliste à Paris Match ou Be qui va vous passer sous le nez. Si on ne peut pas s’opposer à une future hausse des frais, c’est vous qui allez payer.
Il y a une vérité fondamentale que l’administration a l’air d’oublier : c’est l’IEP qui doit être au service des étudiants, et certainement pas l’inverse. C’est notre avenir, le tien, le mien, le nôtre, qui est en jeu, pas celui du directeur des études ! C’est toute la culture de l’établissement qui est à revoir, et pas par le biais de l’infantilisation des étudiants.

Arrêtons de nous faire balader par des aveugles. Collectivement, on peut changer les choses. S&A l’a déjà fait sur certains points. Avec vous, dans nos rangs, on pourra continuer. Rejoignez-nous ! Rejoignez-nous vite, avant qu’il ne soit trop tard pour vos études.

Thaurice Morez.

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IEP Mon Amour !!

Camarade de classes ! Compagnons de fortune comme d’infortune dans notre cher IEP !

Nous n’avons pas peur de le dire à S&A-Sud, on aime notre IEP.

Sinon pourquoi se donner tant de mal ? Participer au CA peut certes apporter un ptit boost à l’ego d’un palien déjà bien flatté mais concrètement, on nous écoute quand ça va dans le bon sens et puis sinon, bah on gesticule (ou pas) et puis on attend que l’année se passe pour pouvoir passer à autre chose…

Notre IEP, on veut juste s’assurer qu’il part pas dans la mauvaise direction. Après tout, on sait tous que le choix du lieu pour nos locaux s’était fait au nom d’un effort de revalorisation d’un quartier défavorisé et que notre arrivée aurait pu aider à redynamiser. Quel que soit les résultats, la volonté politique, même largement influencée par la municipalité, montrait bien la volonté d’avoir une politique soucieuse de son impact social.

Et maintenant ? Ok, les locaux sont bien pourris, on n’est pas contre le déménagement, mais le choix de l’emplacement des nouveaux locaux n’est pas anodin, et que l’on ne nous dit pas qu’une dizaine d’élèves en double master avec l’ESJ soit une vraie raison d’un tel rapprochement géographique. L’IEP se targue de sa position au carrefour de l’Europe mais préfère renforcer son partenariat avec l’ESJ ; une école très respectable mais au combien franco-française. Encore une décision qui laisse place à des interrogations, prise sans vraie consultation des étudiants.

Et puis PEI, ce beau programme, la fierté affiché de notre IEP, est une des méthodes phares de démocratisation, traduisant encore une fois une volonté de l’IEP de promouvoir l’égalité des chances et la mobilité sociale. Mais comment expliquer qu’en même temps que l’IEP repose de plus en plus sur les frais d’inscription pour financer son activité ? Doit-on envisager à terme une hausse des frais pour les boursiers si les efforts de démocratisation permettent d’augmenter encore davantage la part des boursiers ? Ou alors tout faire payer par les étudiants les plus riches ? Et l’Etat dans tout ça ? L’IEP touche une des plus petites dotations d’état de tous les IEP de France, on pourrait penser qu’avec le gouvernement socialiste au pouvoir et compte tenu des affinités politiques de notre chef bien aimé, n’y-a-t-il rien à faire que de céder à la facilité, au risque de compromettre certaines des valeurs qui font pourtant la fierté de notre école.

A S&A-Sud nous pensons que l’IEP devrait faire plus d’effort de cohérence afin de ne pas renier ses valeurs. Accorder plus d’importance à l’opinion des étudiants et les impliquer davantage dans le processus décisionnel nous paraît un premier pas très convaincant !

“La valeur d’un diplôme, c’est son prix”

Voilà, en un mot, résumée, l’intention du programme néolibéral en matière d’éducation supérieure. Car le savoir, ce bien qui s’accroît par le partage, n’est pas encore (partout et uniformément) un bien marchand. Ainsi, en France, subsiste l’idée que l’université, un des principaux vecteurs de ce savoir, doit tendre vers la gratuité.

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Le projet paliens.org

Le projet paliens.org fait partie du projet autogestionnaire porté par IEP Solidaire. Il est là pour combler le manque d’outils informatiques disponibles à l’IEP, en particulier en matière d’Intranet ou de publication de contenu par les étudiants.

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Les bons conseils d’Onc’S&A

Note : il ne s’agit pas de s’opposer à l’impôt (vous n’êtes pas sur le bon site pour ça), mais de nous adresser aux étudiants en situation précaire qui pourrait nonobstant être concernés (à tord) par la taxe d’habitation.

Exonération de la Taxe d’Habitation